samedi 16 juin 2012

San Francisco et la Sierra Nevada



Après le magnifique Big Sur, dont nous vous parlions à notre dernier message, nous passons rapidement (trop peut-être) à Monterey, l’ancienne capitale du temps de la colonie Espagnole. Même si nous sommes juste au sud de San Francisco, nous décidons de faire un détour avant d’y aller et partons vers l’intérieur des terres, afin d’explorer la Sierra Nevada, une importante chaîne de montagnes qui longe la frontière avec l’état voisin qui lui a donné son nom.



Minuscule Safari!
Traversant une tranquille vallée agricole, nous nous rendons d’abord à Sequoia et Kings Canyon, deux parcs nationaux voisins qui fonctionnent comme un seul et qui sont axés sur les forêts de séquoia, cet arbre magnifique et gigantesque dont le tronc revêt des teintes légèrement rougeâtres.

Le parc de Sequoia se targue de posséder le plus gros arbre sur terre, baptisé Général Sherman, probablement pour symboliser sa force et son endurance. Le guide officiel nous indique qu’il mesure près de 275 pieds de haut (84 m)  et que sa circonférence à sa base serait de près de 103 pieds (31 m); il aurait environ 2 200 ans.

De son côté, Kings Canyons (outre ses canyons que nous n’avons pu visiter, faute de temps) met de l’avant son séquoia géant à peine plus petit que le précédent, le Général Grant. Les deux sites sont reliés par la « General Highway », qui traverse les deux parcs, agréables et très boisés et qui offrent de nombreux sentiers de randonnée. Voyez ces géants!




Les terrains de camping sont très accueillants, mais les services sont limités et il faut être prudents avec la nourriture car les ours noirs sont nombreux… nous en avons d’ailleurs vu un (désolé, la photo est un peu floue), en plus de chevreuils et des habituels petits animaux, dont les innombrables écureuils.





 
Les brumes du matin
Nous remontons ensuite vers le nord, toujours dans la Sierra Nevada, pour visiter un autre grand parc national, probablement le plus célèbre de tous et certainement le plus ancien, car il fut fondé en 1890 : Yosemite. Abraham Lincoln avait préalablement adopté un décret afin de protéger le site.

D’une dimension impressionnante (3 000 km2), il comprend une nature sauvage remarquable (chutes, rivières, forêts), dont le cœur est la vallée Yosemite. Celle-ci est ceinturée par des pics rocheux majestueux et magnifiques, portant des noms tels que Sentinel Rock, Half Dome, Cathedral Rocks et El Capitan, un massif de granite mesurant 3 593 pieds ( plus de 1 000 m) de sa base au sommet.

La vallée de Yosemite

Ici tout est gigantesque : les plus hauts sommets dépassent 4 000 mètres et partout les points de vue magnifiques. Accueillant chaque année 4 millions de visiteurs, le parc compte 800 milles (1287 km) de « hicking trails » ainsi que plusieurs auberges et 13 terrains de camping, offrant des centaines de sites, toujours complets (les réservations se font 5 mois à l’avance… sinon il faut être chanceux comme nous et compter sur une annulation pour avoir un site).




Comme au Grand Canyon, un service de navettes par autobus est offert et évite de déplacer le camper. Le service est impressionnant, meilleur que dans bien des villes chez nous : trois circuits, offrent un service aux 10 ou 20 minutes, entre 7 et 22 heures chaque jour.Très agréable et performant.






Yosemite Falls
 


Quittant le parc de Yosemite par le nord, nous explorons les sommets du parc, ce qui nous permet de découvrir de belles surprises, notamment le lac Tenaya. Nous atteignons des sommets vertigineux, roulant sur une route à plus de 3 000 mètres d’altitude. Il y a encore de la neige en ce 6 juin et les sommets qui nous entourent sont tous blancs.






La passe Tionga et son lac















Redescendant de quelques centaines de mètres par la passe Tioga, nous explorons le Mono Lake, un lac d’origine volcanique qui a perdu près de la moitié de son eau depuis les années 1960, car les cinq rivières qui l’alimentaient ont été détournées pour l’alimentation en eau de Los Angeles.

Mono Lake


 Turfs Karstiques


 
La salinité a donc fortement augmenté (2,5 fois celle de l’océan), perturbant tout l’écosystème et faisant d’une baignade (que nous n’avons pas fait, compte tenu du temps frais) une expérience particulière, car on est semble-t-il porté par l’eau. Le fort taux en carbonate de calcium a donné naissance à un curieux relief, les « turfs Karstiques », que nous ne voulions pas manquer. Un sentier nous y conduit.




Le village fantôme de Bodie est ensuite pour nous une déception, malgré le statut de « state park ».. Nous espérions une belle reconstitution de ce que fut la vie au « far west », mais tout est laissé à l’abandon, sans aucune animation, comme on le fait par exemple à Val Jalbert. Décevant donc, mais quand même intéressant.






Par contre, le détour nous a permis de découvrir un charmant petit camping-marina de Brigdeport, au bord du réservoir de la ville. Point de vue magnifique, avec les montagnes en arrière plan.












Magnifique Sierra Nevada


Nous poursuivons la Sierra Nevada vers le nord, à travers une région très peu peuplée et poussons jusqu’au Lac Tahoe. Même si nous en avions entendu parler, c’est une belle surprise qui nous attend, notamment « Emerald Bay », qui porte bien son nom, avec tous ces tons de bleu et de turquoise du lac.

Rien en commun avec le Mono Lake, car la vocation touristique du Lac Tahoe est très bien établie. Par contre, nous sommes toujours en altitude et le temps demeure très frais, surtout le matin.

Lake Tahoe
    

 

La route de San Francisco passe ensuite par Sacranento, la capitale de la Californie, qui met en vedette sa vieille ville, entourée des gratte-ciel du centre-ville voisin. Même si le site n’a rien à voir avec le vieux Montréal, encore moins avec le vieux Québec, la promenade est agréable et les anciens bâtiments « western » créent une certaine atmosphère, malgré le contexte commercial.





 

 



San Francisco était pour nous un point fort du voyage et nous ne sommes pas déçus. Les fameux  « cable cars », le plus grand Chinatown hors de Chine, les quartiers de Fisherman’s Wharf et Cow Hollow (avec ses boutiques), la magnifique rue Lombard et son slalom tout en fleurs, la Coit Tower et son point de vue unique sont autant de lieux que nous explorons avec grande joie.




Union Square

Chanter le Cable Car?
Il y a tant à voir, dans cette ville mythique.

Laissons parler les images.

À bientôt

Judith et Michel
Un petit tour de Cable Car?


Faut pas avoir peur des côtes!

Pas rassurés...

Fisherman's Wharf

Chinatown


Le Quartier des affaires





Lombard st, la rue des fleurs



La légendaire Alcatraz



La Coit Tower domine Telegraph Hill

Le chemin pour s'y rendre est abrupt


... mais la vue y est exceptionnelle!

... même sur le Golden Gate Bridge, dans la brume de la Baie


Une ville tellement vivante!

Trottoir ou escalier?

dimanche 10 juin 2012

Los Angeles et la « Central Coast » de la Californie


Débutons par une anecdote. À notre arrivée dans la région de Los Angeles, nous choisissons un camping de Malibu, plage mythique de la série télévisée. Surprise toutefois : nous sommes refusés car notre VR n’a pas de branchement permanent pour l’eau… pas de farce, c’est vrai et nous l’observerons plus tard aussi : on exige les prises permanentes pour l’eau et l’électricité, or nous avons un réservoir mais pas de prise. Ils acceptent donc les gros VR, mais aussi les tentes, mais pas les campeurs comme le nôtre (classe B)… Serait-ce pour éliminer les bohêmes en Wesfalia? Je puis vous dire que maintenant, quand je m’inscris dans un camping, j’affirme avoir toutes les connections possibles et imaginables… à eux de vérifier, ce qu’ils ne font jamais.

Finalement, c’est à Playa del Rey que nous nous installons, juste au sud de Venice et de Santa Monica. En fait, c’est une mésaventure qui tourne bien car notre nouvel emplacement est de beaucoup plus intéressant, situé beaucoup plus près, soit à une vingtaine de km de Los Angeles, de Hollywood et de l’action, En plus, nous sommes en bordure de la plage et de la piste cyclable (bike path) qui serpente le long de l’océan est vraiment magnifique. Le bonheur!







Le camping n’est en fait qu’un grand stationnement pour VR, mais rien n’est parfait et il nous offre un accès direct à la plage, ce qui nous permet de nous rendre à vélo à Venice et Santa Monica. Très agréable balade, mais lorsque le vent se lève, il n’y a pas de protection et nous vivons une quasi tempête de sable. Il faut manger à l’intérieur et un bon nettoyage est de rigueur.

Venice compte un boardwalk tout à fait comparable à celui de Wildwood au New-Jersey, surtout que la promenade se termine au quai de Santa-Monica avec ses manèges.








 

Venice est toutefois une ville beaucoup plus relevée et compte un intéressant quartier où des résidences sont construites le long de canaux, ce qui donne à la ville des allures très Hollandaises… en fait plus Hollandaise que Vénitienne, malgré la présence d’une gondole. Magnifique escapade, jumelée à un délicieux lunch sur une terrasse.

 

Los Angeles, la deuxième métropole des USA, est en fait un regroupement de municipalités aux noms illustres, dont Beverley Hills (où on sent l’opulence) et Hollywood, la Mecque du Cinéma.

Nous tentons bien d’escalader la colline pour nous rendre à l’illustre enseigne, mais c’est au moins une heure de marche et le temps nous manque. Nous l’apercevons toutefois de loin… ce qui n’est pas si mal et nous pouvons prendre le pouls de ce magnifique parc, qui fait penser au Mont-Royal, mais en plus sauvage..




Nous y arpentons Hollywood Boulevard, comme probablement tous les touristes du secteur, observant les étoiles sur le trottoir et les sosies de stars juste au dessus. Il faut bien être aux USA pour voir cela… et surtout leurs fans en pâmoison!

 



Le centre-ville de Los Angeles comme tel est plutôt vide en ce samedi, contrairement au quartier de la mode… mais est-ce bien de mode dont il s’agit? Il s’agit plutôt d’une réplique du quartier chinois de New-York, une véritable foire et le festival du toc.








Par contre, Getty Center est une belle découverte. En 2011, La Presse en avait parlé avec beaucoup d’emphase et nous ne sommes pas déçus. Il s’agit d’un vaste complexe au sommet d’une colline en banlieue de Los Angeles, d’où nous pouvons apercevoir la ville au loin. L’architecture est impressionnante et les jardins tout autant.





Les salles d’exposition comprennent une vaste collection de toiles, dessins, sculptures, photographies, meubles, tapisseries et quoi encore. On y découvre des tableaux de Van Gogh, Monet ou Gaugin, mais aussi des œuvres beaucoup plus anciennes et très intéressantes, notamment un immense tableau représentant Louis XIV et une peinture représentant Paris en 1763, soit l’année de la signature du traité qui a cédé la Nouvelle-France à l’Angleterre.






Nous quittons ensuite Los Angeles pour le comté de Ventura, plus spécifiquement Santa-Paula, une sympathique petite ville agricole où notre camping est « squatté » par une colonie de paons très à l’aise… tellement à l’aise en fait qu’ils semblent contrôler l’accès aux toilettes!







De là, nous pouvons nous rendre à Ventura Harbor Village, où nous pouvons embarquer pour le « Channel Islands National Park », qui a pour vocation de préserver et faire découvrir cinq îles situées aux confins des courants froids du nord du Pacifique et des courants chauds du sud. Cette situation particulière crée un écho-système exceptionnel où les fonds marins regorgent de nourriture, attirant de nombreux poissons et mammifères marins. Sur les îles et autour, on retrouve plus de 150 variétés d’espèces animales et végétales inconnues ailleurs sur le globe.


 

 

On y ressent une impression d’isolement difficile à décrire et c’est avec grand plaisir que nous avons passé une journée sur l’Île de San-Miguel. Mais il faut apporter son lunch, son eau et de quoi se protéger du vent frais!


L’étape suivante est Santa Barbara, magnifique ville à l’allure Espagnole, célèbre pour son antique quai de bois… et l’historique Palais de Justice du comté, excellent point d’observation.




Vient ensuite Solvang, une petite perle à découvrir, véritable ville Danoise au cœur de l’Amérique. Architecture soignée, boutiques recherchées, calme et sérénité et des fleurs partout! Un arrêt incontournable.






Hearst Castle est aussi un passage obligé, ce château construit au début du XXième siècle par le célèbre magnat de la presse et qui appartient maintenant à l’état de Californie. Dans les années 1920 et 30, c’était l’endroit où voulaient être vues toutes les personnalités de l’époque… et on comprend pourquoi : outre trois maisons d’invités, la demeure principale compte 6000 mètres carrés et 115 pièces, dont 41 salles de bain, théâtre, bibliothèque, salle de billard et piscines intérieure et extérieure.










 

Le lieu regorge d’œuvres d’art, certaines du XIVième siècle. Le terrain compte 10 000 hectares au sommet d’une colline, dont 50 ha de jardins avec vue imprenable sur l’Océan.. La démesure de la richesse!


 

Une maison d'invités

Nous terminons cette tranche de voyage avec le Big Sur, cette portion de la côte Californienne entre Santa-Barbara et Monterey, qualifiée à juste titre de l’une des plus belles routes du monde. C’est au moins aussi remarquable que le Cabot Trail ou le Blue Ridge Parkway, mais avec en plus les tons turquoises de l’océan Pacifique.

    

Nous étions constamment partagés entre la brume et le soleil, ce qui donne des images un peu irréelles, mais tellement attrayantes. Nous faisons donc exception et joignons quelques photos supplémentaires, question de vous faire partager notre émerveillement.











 


Nous vous saluons donc de Monterey, l’ancienne capitale de la Californie sous le régime Espagnol et vous reviendrons prochainement avec une autre tranche de voyage couvrant notamment le magnifique parc national de Yosemite, le lac Tahoe et San Francisco.

À bientôt

Judith et Michel